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Artistes exposés : Marcel ARNOULD, Pol BURY, Pierre CAILLE, Gilbert DECOCK, André DEKEIJSER, Yves DE SMET, Reinhoud D’HAESE, Jan DRIES, Francis DUSEPULCHRE, André EIJBERG, Vic GENTILS, Jean-Pierre GHYSELS, Jo DELAHAUT, Monique GUEBELS-DERVICHIAN, Marie-Paule HAAR, Pal HORVATH, Oscar JESPERS, Jean-Paul LAENEN, Antonia LAMBELE, Walter LEBLANC, Jacques MOESCHAL, Félix ROULIN, Emile SOUPLY, Olivier STREBELLE, TAPTA, Camiel VAN BREEDAM, Jan VAN DEN ABBEEL, Guy VANDENBRANDEN, Hilde VAN SUMERE, Marc VERSTOCKT, Ferdinand VONCK, André WILLEQUET

 

La Patinoire Royale a choisi de rassembler autour du titre « Sculpting Belgium » pas moins d'une trentaine d'artistes belges, majoritairement sculpteurs, des années 45 et suivantes. Ces artistes ont tous, à leur façon, sculpté le visage de la Belgique artistique de l'après-guerre. Si de prime abord, cette sculpture belge dont la sélection s'étend du début des années 50 à la fin des années 80, présente un visage hétérogène car pluriel, difficilement réductible à un mouvement ou à une esthétique, force est cependant de constater que certaines lignes directrices se dégagent : tout d'abord une puissance créatrice absolument phénoménale, liée à la pensée artistique de cette après-guerre, où les recherches formelles explosent, et avec elle l'exploration de nouveaux matériaux, essentiellement l'acier et le plastique.

Ce génie créateur qui prend possession de ces artistes se caractérise ensuite par une immense liberté, un refus de répéter ce qui précède et, à certains égards, une volonté de faire table rase de ce qui précède. La guerre a constitué une rupture dans l'esthétique Art Déco ; par trop apparenté aux régimes fascisants, cette esthétique fait place à l'esthétique moderniste. Se fait jour, alors, une volonté de pousser les recherches vers toujours plus de minimalisme et d'abstraction, recherches déjà annoncées en sculpture, en Belgique, par Oscar Jespers, notamment. Ce père fondateur dont la sublime pièce en bronze «Frieda» figure avec raison en première page de ce dossier, est, bien avant les années 50, la figure de proue de cette école Belge.

Aujourd'hui, alors que la plupart de ces sculpteurs sont décédés, cette grande exposition sonne comme un appel de tous ces noms formant le véritable panthéon belge d'artistes disparus. Voilà qu'enfin, ces artistes reviennent à la lumière, sortant de l'oubli dans lequel les avait plongés une opinion artistique publique belge bien souvent amnésique et ingrate.

Les ayant droits, veufs, veuves, enfants, proches et amis de ces sculpteurs ont vu dans ce projet une ultime manière de réhabiliter, de réintégrer in extremis leurs chers artistes disparus, avec l'amertume d'un retard coupable. Ils y ont mis l'enthousiasme du sentiment du devoir accompli, enfin, de cet hommage finalement rendu à leur talent.

Car, à regarder comment les autres scènes nationales européennes et occidentales ont valorisé leurs artistes de cette époque, il est à s'interroger sur ce silence assourdissant, cette impardonnable indifférence qui qualifient la « promotion par le vide », durant ces années et celles qui suivirent, des artistes belges en général, et des sculpteurs, en particulier.

Tous ces fils et filles du pays, artistes dans l'âme, sont aujourd'hui, par cette exposition, remis en lumière. « Sculpting Belgium » leur doit sa naturelle légitimité, tant il paraît évident que leur soit enfin rendu hommage dans une vaste revue de leurs productions individuelles.

Confrontant la sculpture avec quelques peintres dont la production éclaire par leurs couleurs les recherches esthétiques des sculpteurs, lesquels travaillent majoritairement des matières à la palette peu lumineuse, cette exposition a volontairement pris le parti scénographie d'une mise en valeur fifties / sixties, un peu comme si cet événement avait lieu dans les années où on l'aurait attendu. C'est ainsi donc un juste retour dans le temps et un juste retour, tout court, que de la proposer au public qui, nous l'espérons, réparera par sa visite une absence trop longtemps subie et impardonnable…

 

 

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